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Un renouveau en marche

Le Village Argentique est plus qu’un lieu : c’est le reflet d’un mouvement.
Celui d’une génération qui choisit de ralentir, de revenir au geste, de redonner du sens à l’image.

Talk 2026
La preuve argentique à l’ère de l’I.A.

📍Le Printemps
📅 Samedi 11 juillet à 10h

Les Intervenant·es
  • Maximilien Steinberg – Fondateur de Nation Photo
  • William Keo – Photographe documentaire, Lauréat du World Press Photo Award 2026
  • Alice Santinelli – Co-présidente de l’Association Nationale des Iconographes

À ses débuts, la photographie, envisagée comme un art de la “reproduction du réel”, est largement perçue comme un outil de preuve : un “œil mécanique” supposé capable d’enregistrer le monde avec neutralité, à la différence des autres modes de représentation de l’époque.

Cependant, dès les années 1840, les premières manipulations d’images apparaissent. Retouches et interventions — ciels recomposés, proportions ajustées — traduisent une volonté d’amélioration esthétique, tout en ouvrant la voie à des usages plus ambivalents. Si ces pratiques s’inscrivent initialement dans une recherche formelle (notamment chez Hippolyte Bayard ou Gustave Le Gray), elles acquièrent rapidement une portée politique. Les campagnes photographiques de la Mission héliographique, commandées par Napoléon III, en offrent un exemple précoce : certaines vues participent d’une mise en forme du territoire et du pouvoir, où l’image contribue à construire une représentation valorisée de l’autorité.

Au fil des décennies, en particulier dans des contextes de tensions et de conflits, les usages de la photographie comme instrument de persuasion et de propagande se développent. Ils s’inscrivent dans des stratégies plus larges de production et de diffusion de l’information, incluant des formes de désinformation d’État qui, loin d’avoir disparu, se poursuivent aujourd’hui selon des modalités renouvelées.

L’intelligence artificielle s’inscrit dans cette continuité historique : des manipulations analogiques (recadrage, interventions en laboratoire, photomontages) aux outils numériques contemporains. Ce qui distingue la période actuelle tient à l’ampleur des transformations techniques et à leur accessibilité, permettant une production rapide et à grande échelle d’images difficilement vérifiables.

Si l’I.A. ne remet pas directement en cause le principe de l’acte documentaire — dans la mesure où elle s’appuie sur des corpus d’images préexistants — elle fragilise en revanche la confiance accordée à la photographie comme preuve. Dès lors, la question se déplace vers celle de la certification. Dans un environnement où les dispositifs de garantie, y compris cryptographiques, peinent à assurer une traçabilité pleinement fiable, l’authenticité des images devient un enjeu central.

Dans les années 1990, le Polaroid intégral constituait encore, dans certains contextes juridiques américains, une forme de preuve considérée comme particulièrement robuste : un objet photographique unique, matériel, réputé difficilement falsifiable.

En 2026, comment garantir la fiabilité et la traçabilité des images, en particulier dans le champ de l’information ? Quel rôle la photographie argentique peut-elle encore jouer dans ce cadre ? Et dans quelle mesure certaines solutions numériques pourraient-elles contribuer à renforcer la valeur probatoire du négatif ?

C’est à ces questions que cette conférence propose d’apporter des éléments de réflexion.

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